" Ce soir, la tempête m'attend quelque part en pleine mer. Une certitude venue sans crier gare dans mon indifférence. Le temps est venu...J'ai tant souffert de cette déchirure. Arraché à eux deux. Le nom de mon cargo va finir par réveiller un sortilège enfoui qui somnole en guettant l'occasion. Saura-t'il réconcilier imaginaire et réalité. Pour cela il faudrait...."

            Son cargo à quai, Lucien stoppe les machines, et descend de la dunette. Robert le Fort monte à bord avec l'équipe de dockers, et les carcasses roses, danseuses d'un autre monde s'en vont en file pantelante vers les entrepôts du M.I.N. Au petit matin la brume s'attarde entre les wagons et les camions éparpillés au long des bâtiments vibrant de cris ; étables, laiteries, vergers, jardins maraîchers, chaluts, déversent ici leur manne, au terme de kilomètres d'asphalte et de rail, de miles d'eau et d'air.